Culture

5 différences culturelles entre Indonésiens et Occidentaux

« Bule bule » disaient les Indonésiens. Mais qu’est-ce que cela signifie ? C’est le mot à connaître avant d’aller en Indonésie. Les « bule » (prononcé « boulet ») ce sont les Occidentaux, les blancs, bref les touristes. La différence physique est clairement identifiable. Dans une ville indonésienne classique, un hollandais en scooter, coup de soleil et cheveux blonds, ça se remarque. Même si tu habites depuis 30 ans sur place, tu restes un bule différent culturellement et un éternel touriste. En effet, les différences culturelles entre Indonésiens et Occidentaux sont nombreuses… Voici 5 différences culturelles que j’ai relevées durant mon séjour !

Ma classe de marketing à l’université UGM, à Jogja

1. Les Indonésiens sont très souriants et ne s’énervent jamais

Le sourire est sur toutes les lèvres des Indonésiens. Ils sont très chaleureux et accueillants. Il y aura toujours un indonésien dans l’avion pour vous souhaiter un bon voyage et vous remercier de venir.

Ils n’ont que très peu de choses et sont tellement plus heureux que nous. De quoi prendre du recul et se rendre compte que le bonheur se compose de choses simples.

Bien entendu, il faut répondre à ce sourire, et ne jamais s’énerver. En effet, râler, perdre patience, s’emporter signifie pour eux que l’on ne peut pas se contrôler. Il est donc très mal vu de chercher le conflit, les Indonésiens se sentiront tout de suite mal à l’aise et l’image du bule sera (encore plus) dégradée.

Par exemple, en cas d’accident en scoot, il faut rester très calme. Même si c’est de la faute du local, il faut s’excuser et proposer un billet pour réparer les dégâts. Ne pas oublier de sourire et dire que l’on est un bule (ou boulet ?). Attention donc si vous êtes de nature nerveuse…

Enfin, ils sont généralement très lents, très chill, jamais pressés. Ne vous étonnez pas si votre chauffeur de Gojek semble être au ralenti, c’est normal…

Par exemple, au restaurant, ils amènent toujours les plats lorsqu’ils sont prêts et ne servent pas les plats en même temps ! Les tapas arrivent souvent après le plat…

2. Des caractéristiques physiques bien différentes

Les Indonésiens sont plutôt minces et pas très grands. Les Occidentaux sont donc pour eux imposants et imprésionnants ! Ils sont surtout fascinés par notre couleur de peau et notre nez. La couleur bronzée représente pour eux la pauvreté et le travail dans les champs, à l’inverse des Occidentaux obnubilés par leur bronzage de vacances. La peau claire reste synonyme de richesse, beauté et noblesse. De plus, la culture occidentale largement diffusée a contribué à redéfinir les standards de beauté en Asie. Les Indonésiens et surtout les indonésiennes cherchent à se protéger du soleil tout le temps, par des ombrelles ou des manches longues, et utilisent du gel douche qui blanchit la peau.

Il était presque impossible de trouver dans un supermarché classique à Jogja, un gel douche qui n’était pas whitening, si bien qu’il fallait se rabattre sur les savons secs. Hors de question de gâcher son bronzage…

Ces dames n’hésitent pas à utiliser du fond de teint clair, des crèmes… ou des injections laser.

Pub Fair & Lovely pour une crème peau claire

Quant au nez, nous avons la « chance » d’avoir un long nez imposant, qui prend de la place sur le visage et commence au niveau des yeux. Les asiatiques ont un nez plus petit, écrasé, plus court et « sans os » (d’après eux !). Si vous êtes complexés par votre nez, sachez que vous serez une star en Indonésie !

Par ailleurs, malgré leur alimentation très calorique à base d’huile, friture, riz et sauces, ils ne font presque jamais de sport, même les jeunes. Mais comment font-ils pour garder la ligne ? Ils mangent peu, très peu. Il n’y a que voir la taille du burger du KFC pour comprendre que les proportions ne sont pas les mêmes…

KFC en Indonésie
Menu frites burger et menu poulet frit riz blanc dans un KFC à Java

3. Les Indonésiens adorent les photos avec les bule

Si vous êtes dans un lieu peu touristique, attendez vous à vous faire mitrailler de photos par les locaux, avec ou sans consentement…

Quelques anecdotes d’Indonésiens qui nous prennent en photos

La première fois que nous avons pris conscience du phénomène, j’étais dans un centre commercial avec une amie qui cherchait à acheter un smartphone. Autant dire qu’il n’y avait aucun bule dans le bâtiment. Les locaux nous regardaient, mais sans plus. Une jeune fille assise à son stand était sur son téléphone qu’elle tenait à la verticale. Ce n’est que lorsque nous avons tourné près d’elle que nous avons réalisé que le téléphone tournait avec nous. Elle était en train de nous filmer !

Une autre fois, nous étions près de Pacitan sur Java, sur une plage bondée de touristes locaux. Nous étions tellement observés que nous étions mal à l’aise. Nous avons pris une noix de coco et nous sommes assis sur une paillasse. Quand soudain, un homme, sans complexe, s’est installé devant nous et a sorti son téléphone sans un mot pour faire un selfie ! Nous lui avons fait comprendre (en Indonésien) qu’il nétait pas le bienvenu sur notre serviette. Il ne voulait rien entendre et s’y est pris à plusieurs fois pour prendre sa photo

A Borobudur, alors que je prenais des photos et des vidéos du magnifique temple, j’était interrompue toutes les 2 minutes par des enfants d’une classe qui voulaient faire une photo avec moi. Au début, on se sent tout spécial comme une célébrité reconnue dans la rue. Si quelques mots sont échangés, on repart avec le sourire. En revanche, après une vingtaine de photos (une collective puis individuelle avec chaque membre de la collective), on commence à être un peu exaspéré et à vouloir se cacher, voire à dire non si l’on nous propose. J’ai d’ailleurs quitté le temple pour cette raison, alors que je serais restée contempler les stupas encore plus longtemps.

“Miss, photo photo photo ! Miss miss”

Sommes nous des stars d’Hollywood ?

Alex, cette star

Mais alors pourquoi nous prennent-ils en photo ? Sommes-nous si beaux ? Quand nous demandions aux locaux pourquoi ils faisaient ça juste après avoir pris la photo, ils se sentaient tous gênés et partaient en baissant la tête. Si nous en parlions à d’autres locaux, ils prétendaient ne pas avoir connaissance du phénomène. Finalement, avec quelques locaux et notre propre interprétation, nous avons conclu qu’ils faisaient ça dans le but de le partager sur les réseaux sociaux, ou le montrer à leur proches : « Regarde, j’ai rencontré ce bule au centre commercial ! Incroyable non ? »

Les réseaux sociaux d’ailleurs, c’est assez important pour eux, surtout Instagram ! Avant de faire un peu plus connaissance avec nos camarades de l’université, ils avaient pris notre Instagram et veillaient à ce que nous les suivions bien en retour. Il n’est pas rare de croiser un shooting improvisé avec une robe rouge et un grand chapeau dans les rizières balinaises ou sur une balançoire à moitié dans l’eau…

4. Être athé est puni par la loi

Beaucoup de religions cohabitent en Indonésie. Le pays est officiellement laïque et la loi garantit la liberté de culte de six confessions : l’Islam (90%), le catholicisme (9%),  l’hindouisme, le bouddhisme, le protestantisme et le confucianisme. En revanche, l’athéisme n’est pas reconnu. Le judaïsme non plus d’ailleurs, même si une toute petite communauté est présente dans le pays. Dire que Dieu n’existe pas est même passible de prison ! Les Indonésiens doivent déclarer sur leur pièce d’identité leur religion. Nous l’avons expérimenté quand nous avons dû remplir un formulaire pour le visa étudiant.

Il ne faut donc jamais débattre avec un indonésien sur l’existence de Dieu ou la place de la religion dans la société. Pour eux, la religion apporte des principes moraux et guide tout au long de la vie et il serait impensable de ne pas être croyant. Par défaut, les “bule” sont catholiques (ou protestants). Donc jouez le jeu et ne cherchez pas le conflit, comme on vient de le voir un peu plus haut !

5. Ecologie et Indonésie ne riment pas

La conscience écologique n’existe pratiquement pas, même si elle commence à se développer chez les jeunes et sur certaines îles comme Bali.

Le réflexe de jeter dans la poubelle, ramasser ses déchets derrière soi, n’est pas automatique. Et même s’il l’était, le traitement des déchets n’est pas du tout développé en Indonésie. Les poubelles finissent souvent dans la rivière et in fine dans la mer… C’est un problème que beaucoup de pays en développement connaissent et qui nous fait prendre conscience que c’est aux pays développés de montrer l’exemple et de les aider.

Une plage paradisiaque à Kuta, Bali, l’île des dieux (?)

La première fois que je suis allée à Nusa Lembogan, j’ai nagé au milieu du plastique au niveau de Manta Point. J’avais l’impression d’être dans une poubelle. J’ai même vu une raie manta s’étouffer avec un sac plastique. Des micro méduses me piquaient de partout et il y avait une sorte de pellicule de pollution dans l’eau, en plus des objets plastiques presque entiers avec encore la marque dessus. Bien sûr, un peu plus tard en Juin, quand il y a trois fois plus de touristes, l’eau était très claire et aucune trace de déchets. Ils sont juste partis un peu plus loin en fonction des courants, nourrir un peu plus la mer de nos détritus.

En revanche, j’ai eu le plaisir de tomber sur des nettoyages de plages à Bali, où les choses commencent à bouger. Ou entendre des Indonésiens dire « surtout ne laissez aucun déchet derrière vous ! Il ne faut pas abîmer la nature » dans la jungle de Bukit Lawang à Sumatra.

Les jeunes sont en général plus sensibles à ces problèmes, même si dans ma classe, aucun n’était au courant des enjeux de l’huile de palme et pourquoi beaucoup d’Occidentaux la boycottent.

Conclusion

Il est très intéressant de voir comment les cultures sont différentes sur le physique, les comportements ou les traditions. Il y a également une grande différence culturelle entre les îles elles-mêmes, par exemple entre Java et Bali. La religion est différente, et cela change beaucoup de choses. Il n’est pas interdit de porter un maillot de bain à Bali, et voir un « blanc » n’est pas si incroyable…

Si vous voulez aller plus loin, parlons d’une tradition particulière chez les Torajas. Ce peuple de Sulawesi déterre ses morts pour les changer et passer un peu de temps avec eux. Puis les remet dans la tombe ! Allez voir les magnifiques photos de cet article, si votre âme n’est pas trop sensible !

Quelles sont les différences culturelles que vous avez remarquées de votre côté ? Je serai ravie d’échanger avec vous par commentaire ou message à ce sujet !

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